Les voitures électriques chinoises, fossoyeurs des voitures thermiques européennes ?

L’Europe n’est même pas encore relevée de la crise économique causée par le covid 19, qu’une autre menace, toute aussi silencieuse, pointe à l’horizon. Les voitures électriques chinoises débarquent en France, plus précisément en Corse, cet été.  En effet, 500 modèles U5 construits par Aiways seront proposés par l’agence de location Hertz aux touristes.  111 bornes de recharge sont déjà disséminées sur le littoral. Ces véhicules sont équipés des dernières technologies sur internet, avec un moteur qui fonctionne grâce à des batteries produisant de l’électricité.

Aiways, une start-up chinoise qui perce

Aiways, start-up chinoise fondée en 2017, figure parmi les benjamins de l’industrie automobile chinoise. Elle profite de l’expérience du concepteur allemand de l’Audi Quattro, Roland Gumpert. Son usine basée à Shangrao dans le Nord Est de la Chine, peut produire des véhicules similaires à l’Audi e-tron, proposés à bas prix entre 35 000 et 40 000 euros, avec une autonomie de plus de 400 km. Avec une production initiale de 150 000 unités, Aiways a une longueur d’avance sur les grandes marques du vieux continent. En effet, son usine peut doubler cette production en cas de besoin. Déjà, l’Allemagne et la Norvège ont passé commande depuis le printemps et cela continuera en automne, avec la France, la Suisse, le Danemark et les Pays-Bas. 100% électriques, les voitures U5 d’ Aiways arrivent à point nommé, profitant des normes environnementales européennes, qui imposent le plafond de 95 grammes de CO2 par kilomètre. En outre, la stratégie de vente adoptée par Aiways est redoutable. Les ventes se font sur internet, mettant à contribution les distributeurs locaux pour essayer les véhicules sur place.

BYD (Build Your Dream), l’autre tsunami chinois

Ainsi, pour les constructeurs de véhicules européens, l’arrivée de ces véhicules chinois constitue un vrai danger. Tel un cheval de Troie, ces voitures électriques annoncent la fin de l’hégémonie des véhicules thermiques européens. Après les véhicules Aiways U5 en Corse, les bus électriques du groupe chinois BYD font une entrée fracassante en Europe du Nord, précisément en Norvège. Méconnu en Europe, le groupe possède toutefois un immense marché intérieur en Chine. Par ailleurs, le groupe BYD a construit deux usines en Hongrie et en France, pour faire face aux gros appels d’offres en Europe.

Vers la fin des voitures thermiques européennes ?

Selon les spécialistes, l’Europe doit se mettre sérieusement à la construction de véhicules électriques pour tenter d’endiguer le tsunami chinois de voitures électriques, qui est en train de déferler sur le marché européen, encore paralysé par la pandémie COVID-19. Un marché automobile qui a encore du mal à s’adapter aux nouvelles mesures environnementales de restriction d’émission de CO2. Il faut aussi reconnaître qu’ayant construit des usines en Chine, les constructeurs de voiture européens ont ainsi transféré leur savoir-faire aux chinois. La Chine a su en tirer profit pour produire des voitures électriques, et contribuer par la sorte à la réduction de la pollution de l’air et du réchauffement climatique.