La France pointe des doigts l’émission de CO2 des grosses voitures

Concernant l’émission de CO2, l’idée de taxer au poids les véhicules, avancée en novembre dernier par Mr Le Maire, n’a pas abouti. En effet, les règles actuelles de l’UE sur le CO2 favorisent surtout les grosses voitures et pénalisent les petites voitures. Une situation qui ne plait pas du tout au gouvernement français, qui estime que les grosses voitures, à l’exemple des allemandes, sont les plus polluantes.

La France veut revoir les règles UE sur les émissions de CO2

Jusqu’au 31 décembre 2020, date d’application de la règle UE, les constructeurs de voitures doivent s’assurer que la moyenne des émissions de CO2 de leurs voitures neuves soit inférieure à 95g/km, sous peine de payer une amende de 95 euros par gramme supplémentaire et ce multiplié par le nombre de voitures vendues dans l’UE, durant l’année. Une facture qui, au final, peut représenter des centaines de millions d’euros. Un défi à relever pour chaque constructeur, lorsqu’on sait que vers la fin 2018, Toyota était en 1ère place pour une émission moyenne de 99.9g/km contre Mercedez-Benz, en dernière position avec une moyenne de 139.6g/km.

Les grosses voitures allemandes peinent à descendre vers 95g/kg, si bien que leurs constructeurs ont fait du lobbying pour moduler ce chiffre en fonction de la masse des véhicules neufs. Du coup, les petites voitures ou moins gourmands en carburant, comme Toyota, Renault et PSA sont pénalisées à descendre légèrement sous la barre du 95g/km, objectif difficilement atteignable. Une situation jugée absurde par la Ministre française de la Transition Ecologique : plus une voiture est grosse, plus elle peut émettre de CO2, sans pour autant être pénalisées???!!!

Des durcissements à venir

L’Union Européenne va encore abaisser de 15% ce plafond pour 2025 et de 37,5% pour 2030, une règle à la fois écologique et fiscale. Toutefois, cela va forcer les constructeurs européens à accélérer l’électrification de leurs véhicules, ce qui pourrait aboutir à une baisse de rentabilité.

Les SUV ou 4×4 urbains, qui représentent 40% des ventes automobiles dans le monde ont été déclaré par l’Agence Internationale de l’Energie, deuxième source d’augmentation de l’émission de CO2 entre 2010 et 2018. Ce qui a amené le ministre français de l’Economie à mettre en doute la règle de l’UE, qui indexe l’émission de CO2 sur le poids des véhicules, en novembre dernier. Du coup, des taxes qui pénalisent les grosses voitures circulant en France ont été mises en œuvre, avec notamment le relèvement du malus écologique auto à 20 000 euros pour les émissions supérieures à 184g/km à compter du 1er janvier 2020, si l’année dernière, il était à 12 000 euros.

Pour Mr Le Maire, ministre français de l’économie, le principe est simple : plus on pollue, plus on paie. Un appréciable avantage qui favoriserait les voitures légères fabriquées en France, à l’exemple des Renault Clio ou des Peugeot 308.